jeudi 7 mars 2013

Le Vieux qui ne voulait pas fêter son anniversaire.

Le Vieux qui ne voulait pas fêter son anniversaire, de Jonas Jonasson. 
Suivez la folie d'un centenaire fugueur dans son retour vers les grandeurs et les décadences du XXème siècle, le tout en pantoufle bien-sûr! 

Allan préfère s'enfuir de sa maison de retraite plutôt que de souffler ses cents bougies en grande pompe, comme prévu. Mais une fois arrivé à la gare routière, il se sent un peu désemparé. Très vite les événements vont s'accélérer. Allan se retrouve entraîné dans une folle cavale à travers la Suède, accompagné de personnages douteux et attachants. Au cours de ses tribulations, Allan revient sur son passé d'artificier de génie et raconte ses souvenirs, au contact des personnalités qui ont marqué l'histoire du XXème siècle à travers le monde.
 
Un vent de fraîcheur et de douce folie souffle sur ce premier roman d'un auteur suédois. Jonas Jonasson nous surprend en bouleversant l'image de sagesse que l'on se fait des personnes âgées. Le lecteur peut s'identifier à Allan et se demander ce qu'il aurait fait à sa place... On passe un bon moment à la lecture de cet ouvrage à l'humour décapant et au ton décalé.
Jonas Jonasson, ou le rire sous la glace suédoise! C'est le premier roman de ce jeune journaliste suédois qui a conquis ses compatriotes notamment avec cette phrase étonnante pour résumer son livre: un livre stupide très intelligent.
Voici une citation qui donne un avant-goût de l'état d'esprit d'Allan: Quand la vie joue les prolongations, il faut bien s'autoriser quelques caprices. 
Jonas Jonasson peut être comparé au romancier Arto Paasilinna pour ce même sens de l'humour et de la narration. Un homme heureux, de Paasilinna rappelle, par son personnage singulier et grinçant, l'univers doucement déjanté de notre centenaire.






Retour à Killybegs de Sorj Chalandon

Dans Mon traître, Sorj Chalandon s'inspirait de sa propre vie pour nous raconter l'histoire d'Antoine. Ce jeune luthier français, acquis à la cause nationaliste irlandaise, découvre avec dégoût que son ami, véritable père de substitution et héros de la résistance anti-britannique est en fait un traître à sa patrie.

Retour à Killybegs revient sur cette blessure mais laisse cette fois la parole au traître, Tyrone Meehan. Ce personnage est le double fictif de Denis Donaldson qui a menti pendant vingt-cinq ans à l'IRA, cause à laquelle appartenaient sa famille et tous ses proches.

« Personne n'a jamais été dans mon ventre, personne » nous dit Tyrone Meehan attendant la mort à Killybegs, son village natal et revenant sur sa vie : une enfance misérable marquée par un père alcoolique et violent, le déménagement dans le ghetto catholique de Belfast, l'humiliation, les privations...Un parcours qui le mène à l'engagement dans la lutte armée où il connaîtra la solidarité, l'amitié et l'amour. Emprisonné par l'impitoyable répression du gouvernement Thatcher, Meehan y vit les grèves de l'hygiène et de la faim. A sa sortie, brisé, il commet alors l'inconcevable.

Sorj Chalandon, ancien grand reporter, a couvert le conflit Nord-Irlandais et était l'ami de Denis Donaldson. Il nous fait d'ailleurs partager son amour pour ce pays et son peuple. Toutefois, son ouvrage n'en est pas moins un roman. Comme l'auteur n'a pu revoir son traître entre la révélation de sa félonie et son assassinat, il décide donc de se glisser dans sa peau et lui invente une histoire, exutoire à l'effroi et à l'incompréhension. Si certains passages sont à la limite du soutenable, en particulier la description des conditions d'incarcération réservées aux membres de l’IRA, ils rendent fidèlement compte de la réalité de cette guerre civile si proche de nos frontières.

Mon traître était un récit centré sur la stupéfaction et la rancœur du trahi, Retour à Killybegs, tribune offerte à Meehan, laisse place au pardon et à l'apaisement. Le recours à la première personne et le style très épuré renforcent la puissance du récit. Ce texte bouleversant et magnifique a reçu le Grand Prix du Roman de l'Académie française en 2011.

1984, George Orwell


Avec le développement massif d'équipement high-tech, les écrans de toutes sortes ont envahi notre quotidien, et, ont bouleversé notre façon de regarder le monde.
Parallèlement à cette évolution, les années 2000 ont été marquées par l'émergence, puis, la prolifération d'émissions de jeux de télé-réalité, qui ont habitué les téléspectateurs de la planète à visionner le pire. Le concept venu des Pays-Bas, repose, d'une part, sur l'enfermement des participants dans un espace truffé de caméras, et, d'autre part, sur la privation de leur liberté. Le succès de ce type d'émission est garanti par la transgression du respect. En effet, elle suscite chez le public, une curiosité malsaine conduisant à des pulsions voyeuristes. Big Brother, la première émission du genre à avoir été diffusée sur le petit écran, est un clin d'œil à l'œuvre de George Orwell, 1984. Mais les principes y sont détournés puisque les objectifs principaux sont de montrer ce qui relève de l'intime et de faire un spectacle avec des personnes qui n'ont pas de talent particulier.

Tout comme Le Meilleur des mondes, écrit par Aldous Huxley, ou THX~1138, un des films de George Lucas, l'excellent roman de George Orwell, présente une société caractérisée par la hiérarchisation des classes sociales d'une part, et, les désastreuses conséquences qu'engendrent le système de surveillance imposé par le régime totalitaire, d'autre part.
L'histoire se déroule dans un contexte où les Guerres Nucléaires de~1950, ont provoqué la division du monde en trois grands blocs que sont: L'Océania, l'Eurasia et l'Estasia. Ces trois puissances sont dirigées par différents régimes totalitaires ,et, sont en guerre perpétuelle en raison de la conquête d'un territoire indépendant.
En Océania, à Londres, et dans un environnement particulièrement hostile à la liberté, les interdictions sont nombreuses ,et, Big Brother, le chef du parti de l'Océania, veille à ce qu'elles soient respectées en scrutant de façon permanente les faits et gestes des membres du parti. Pour ce faire, les domiciles, les lieux publics ainsi que les lieux de travail sont dotés de télécrans - système de vidéosurveillance et simultanément de télévision- qui diffuse continuellement des messages de propagande comme:
«~La guerre, c'est la paix~»
«~La liberté, c'est l'esclavage~»
«~L'ignorance, c'est la force~»
Dans ce cadre, Winston Smith, un membre de la caste intermédiaire du régime océanien, va entrer en lutte contre ce système dictatorial en menant -à l'abri du télécran- un projet d'écriture. Il va également désobéir aux interdictions fixées par le régime, en faisant l'amour secrètement avec un autre membre du parti, nommée Julia.
Mais…«~Big Brother vous regarde~»

La vision que nous livrait George Orwell avec la publication en 1949, de ce chef d'œuvre est peut-être une prophétie. En effet, l'intérêt que porte notre société à tous ces programmes de télé-réalité, ainsi qu'à tous ces réseaux sociaux en ligne souligne un besoin de transgression pour évoluer. De plus, l'introduction progressive de toutes ces nouvelles technologies, toujours plus puissantes les unes que les autres, favorisent d'une part, la connection et la communication permanente, et accentuent, d'autre part, l'intrusion et le voyeurisme que ces machines permettent.Force est de constater que notre mode de vie nous a contraint à pousser de plus en plus loin les limites du respectable, et à banaliser les actes les plus abjects. Pour autant,doit-on considérer la vie privée comme obsolète? Est-ce une nouvelle forme de liberté? Qu'est-ce que la liberté? Si toutes ces nouvelles technologies, dont le monde dépend désormais, marque toutefois un progrès indéniable, sommes nous encore libres? Le plus grave c'est que les jeunes issus de la "génération écran" ne remettent pas en cause la transgression. Le pire est à craindre si un jour celle-ci parvient à les faire sourire...N'est-ce pas déjà le cas?

Home de Toni Morrison

Prix Nobel de littérature en 1993, Toni Morrison nous livre ici son dernier roman, Home. L'histoire se déroule dans l'Amérique ségrégationniste des années 1950. Le personnage central, Franck Money, vient juste de rentrer de la guerre de Corée. Afro-Américain, il a servi dans les rangs de l'armée américaine où pour la première fois la déségrégation a été officiellement ordonnée. Ravagé par des expériences traumatiques vécues sur la ligne de front et en proie à de violentes pulsions, il voyage à travers une Amérique encore raciste afin de porter secours à sa jeune sœur Cee. Leur parcours les conduit à revenir à Lotus, leur petite ville natale située en Géorgie. Cet éprouvant périple leur donnera l'opportunité de faire un pèlerinage sur le lieu de leur enfance et de revisiter des souvenirs douloureux marqués par la violence, la mort, l'humiliation et la pauvreté.

Contrairement à Kathryn Stockett dans La couleur des sentiments, Toni Morrison est loin de donner une vision idéaliste et attachante de ses personnages: chacun d'entre eux a ses bassesses et ses défauts. Beaucoup moins édulcorée aussi, l'approche du statut des Noirs aux États-Unis est appréhendée avec énormément de réalisme. Le récit brut et direct et le style percutant rendent le quotidien de ces hommes et de ces femmes encore plus révoltant.

Ce court roman est un véritable condensé des thèmes chers à Toni Morrison. L'histoire se déroule à une époque charnière pour la communauté noire américaine, symbole du début de la déségrégation même si malgré tout, dans ces lieux, « la coutume est aussi réelle que la loi et peut-être tout aussi dangereuse ».

Home est caractérisé par la force visionnaire de son auteur. Toni Morrison n'offre pas de solutions aux problèmes. Elle livre avec simplicité et puissance la réalité complexe du passé et le chemin sinueux menant à la rédemption.

Lost Souls, Poppy Z. Brite



“I believe in whatever gets you through the night. Night is the hardest time to be alive. For me, anyway. It lasts so long and 4am knows all my secrets.”


Chef de file d'une nouvelle génération d'auteurs entre littérature underground et slatterpunk, Poppy Z. Brite a très tôt le goût des histoires étranges. Dès l'enfance, elle griffonne des contes fantastiques. Adolescente, elle envoie des nouvelles à la presse spécialisée et parvient à vendre une fable horrifique au journal The Horror Show. Son univers bien à elle n'échappe pas au biographe de Stephen King : Douglas Winter, qui lui adresse une lettre d'encouragements. Forte de ces premiers succès, elle quitte le lycée pour se consacrer entièrement à la rédaction de son premier roman : Lost Souls.

Dans ce livre est contée l'histoire de l'énigmatique Nothing, adolescent en proie à une crise identitaire. Fumer et boire ne lui suffisent plus. Il décide alors de s'enfuir afin de trouver un sens à sa vie. Sa destination ? Missing Miles. Ville qui a vu naître deux âmes en peine, Steve et Ghost ainsi que leur groupe de punk : Lost Soul. En chemin, il sera pris en auto-stop par Zillah, Twig et Molochai, trois vampires traversant le pays pour s'adonner à tous les plaisirs possibles et inimaginables, qui se feront une joie de l'éduquer. Il y a aussi Christian le philosophe qui trompe l'ennui de la vie éternelle en tenant un bar dans le Vieux carré français. Ces destinées sont toutes vouées à se croiser et à se détruire. Entre le conte de fée et le récit fantastique, Brite nous livre un road-trip au goût cuivré du sang humain.

La dame de la Nouvelle Orléans met en place ce qui demeurera sa marque de fabrique : des histoires sombres, glauques où règnent des adolescents un peu trop portés sur les effusions de sang. Elle brise également les tabous les plus abjectes : inceste, pédophilie, drogue, violence extrême. Certes des thèmes immoraux mais qui nous sont très bien servis. Contrairement à Exquisite Corpse et Drawing Blood, le style de la narration n'est point gore mais crue. Une plume efficace pour faire monter la tension et maintenir le suspense jusqu'à l'ultime moment.


"Maybe they did what they had to do to live, and tried to get a little love and have a little fun before the darkness took them.”


Lost Souls tord le cou à bien des archétypes, notamment celui du vampire. Loin des êtres torturés d'Anne Rice et un peu poussiéreux de Bram Stoker, les créatures de Brite sont ultra modernes et Rock 'n' roll. Toutefois, ce sont avant tout les sujets de l’adolescence, du désespoir, de la solitude et du rejet de l’autre qui sont abordés ici sous une forme allégorique et suprême.

Le lecteur n'a qu'une seule envie : s'enfuir à Missing Miles et se laisser guider par le son enivrant des Lost Souls. Par ce roman, la magicienne de l'écriture pose la première pierre à une œuvre colossale. Son pouvoir ? Transcender la douleur pour lui faire atteindre une certaine beauté.


“The sky is purple, the flare of a match behind a cupped hand is gold; the liquor is green, bright green, made from a thousand herbs, made from altars. Those who know enough to drink Chartreuse at Mardi Gras are lucky, because the distilled essence of the town burns in their bellies. Chartreuse glows in the dark, and if you drink enough of it, your eyes will turn bright green.”




Lost Souls, 1992
Drawing Blood, 1993
Exquisite Corpse, 1996




Le Déchronologue, Stéphane Beauverger




« Je suis le capitaine Henri Villon et je mourrai bientôt. Non, ne ricanez pas en lisant cette sentencieuse présentation. N’est-ce pas l’ultime privilège d’un condamné d’annoncer son trépas comme il l’entend ? C’est mon droit. Et si vous ne me l’accordez pas, alors disons que je le prends. Quant à celles et ceux qui liront mon récit jusqu’au bout, j’espère qu’ils sauront pardonner un peu de mon impertinence, et, à l’instant de refermer ces chroniques, m’accorder leur indulgence. »

Ces quelques lignes suffisent à annoncer au lecteur ce qui l’attend. Stéphane Beauverger, est parvenu à marier divers genres : Le Déchronologue est à la fois un récit d’aventure, d’histoire et de science-fiction. Nous y suivons le capitaine Henri Villon, un flibustier français qui a été chargé par un peuple mystérieux, les Itza, de faire régner l’ordre au sein des perturbations temporelles qui agitent les Caraïbes, tout ceci se passant pourtant au XVIIe siècle. 

Ce roman se présente sous la forme d’un journal de bord, écrit à la première personne du singulier. Tout du long, nous sommes happés par les pensées du capitaine Villon qui ne cesse de noyer ses doutes et sa peine dans l’alcool. Le style de Beauverger se veut classique, bien qu’il se place dans la vague des jeunes auteurs français de science-fiction, avec Thomas Day et Justine Niogret. Son écriture offre une authenticité qu’il est rare de retrouver ailleurs. Le Déchronologue est, à ne pas en douter, une petite merveille qui invite le lecteur à vivre une aventure hors du commun et hors du temps. 

La Route des Flandres, Claude Simon

La route des Flandres, route nationale 17, relie Paris à la Belgique. Le régiment de Georges, le double de Claude Simon dans le livre, l'emprunte pour monter au front en mai 1940. Son unité est désintégrée en quelques instants lors d’une embuscade. Le livre relate alors l’errance d’une poignée de soldats lors de cette débâcle, sur cette route jonchée d’une masse progressivement indistincte de cadavres, de chevaux agonisants, de valises éventrées.

L’originalité, la puissance, la difficulté aussi, de La Route des Flandres reposent sur la combinaison de deux dispositifs contradictoires (Bergounioux) : d’un côté, le retrait du monde, l’apaisement qu’exigent le projet d’écriture, le retour sur soi et l’exploration de sa mémoire, et, en même temps, la déréalisation qu’ils entraînent, le regard flottant dénué de tout enjeu, le temps indéfini dans lequel il baigne ; de l’autre, la conservation intacte de ce qui se passe dans la conscience lorsqu’elle est confrontée à la réalité et ses impératifs, ici l’expérience destructrice de la guerre, le vide intérieur qu’elle implique, l’annihilation des idées qu’elle provoque, et le rejet des livres auquel Georges est conduit.

De cette contradiction émerge un texte chaotique composé de souvenirs ressassés et juxtaposés, enchâssés par le jeu des parenthèses et des tirets, emmêlés par le dérèglement de la ponctuation. Il rappelle la littérature subjective de Dos Passos (L'«oeil caméra» de la trilogie USA), de Joyce (le monologue intérieur de Molly dans Ulysse) et surtout de Faulkner. Tous les souvenirs ne semblent pas se situer sur le même plan. Leur émergence dans la conscience semble s’étager, s’apparentant à des souvenirs, des souvenirs de souvenirs, des souvenirs de souvenirs de souvenirs,... Cette structure en profondeur contraste avec l’étroitesse du regard porté sur le monde à l’instar de « l’étroit rectangle horizontal » (p. 79) que forme une lucarne dans un wagon qui mène George dans un camp de prisonniers.

Ce « tissu de mémoire » - l’expression est de Dällenbach - est exalté, expressionniste encourageant une lecture directe, immédiate, préréflexive. Les séries fragmentaires et répétées de souvenirs forment progressivement dans la conscience du lecteur une image, un motif qui rejaillit instantanément à chaque nouvelle évocation : l’honneur, mais vidé de son sens, la sensualité débordante à laquelle répond le sentiment d’état de guerre permanent, l’écriture confrontée à l’irrationalité. La Route des Flandres paraît résoudre, à sa façon, « l'impossibilité de l’instantané » qu’évoque Gracq au sujet de la littérature comparée à la peinture.

« (...) pensant encore « Comme quoi il [parlant de son père] n’a donc pas entièrement tort. Comme quoi somme toutes les mots servent tout de même à quelque chose, de sorte que dans son kiosque il peut sans doute se persuader qu’à force de les combiner de toutes les façons possibles on peut tout de même quelquefois arriver avec un peu de chance à tomber juste. Il faudra que je le lui dise. Ça lui fera plaisir. Je lui dirai que j’avais déjà lu en latin ce qui m’est arrivé, ce qui fait que je n’ai pas été trop surpris et même dans une certaine mesure rassuré de savoir que ç’avait déjà été écrit (...) » Puis il cessa. Ce n’était pas à son père qu’il voulait parler. Ce n’était même pas à la femme couchée invisible à côté de lui, ce n’était peut-être même pas à Blum qu’il était en train d’expliquer en chuchotant dans le noir que si le soleil ne s’était pas caché ils auraient su de quel côté marchaient leurs ombres : maintenant ils ne chevauchaient plus dans la verte campagne, ou plutôt le vert chemin de campagne avait brusquement cessé et ils (Iglesia et lui) restaient là, stupides, arrêtés, juchés sur leurs échalas de chevaux au beau milieu de la route, tandis qu’ils pensaient avec une sorte de stupeur, de désespoir, de calme dégoût (...) : « Mais j’ai déjà vu ça quelque part. Je connais ça. Mais quand ? Et où donc ? » » (p. 112)

Claude Simon. La Route des Flandres. Paris : Ed. de Minuit, coll. « Double » n°8, 1980, 327 p.